Dans un monde toujours plus numérique, les data centers sont devenus l’infrastructure invisible qui soutient notre quotidien connecté. Chaque email envoyé, chaque vidéo visionnée ou chaque fichier stocké dans le cloud repose sur ces installations. Pourtant, leur impact environnemental reste encore largement méconnu et souvent résumé à une consommation excessive d’électricité et d’eau.
Pour dépasser ces idées reçues et révéler la réalité des chiffres en toute transparence, Data4 a publié le premier profil environnemental complet d’un data center à travers une étude scientifique approfondie fondée sur l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). Cette méthode de référence permet d’évaluer l’ensemble des impacts environnementaux d’une infrastructure, depuis la fabrication des matériaux jusqu’à sa fin de vie.
Cette ACV a été réalisée en partenariat avec APL Data Center, leader français du conseil et de l’ingénierie en conception-réalisation de data centers, mettant en lumière l’impact réel d’un data center et établissant un nouveau standard de transparence pour l’industrie.
Afin de rendre ces résultats accessibles à différents publics, deux livres blancs accompagnent cette publication. Une version courte propose une lecture pédagogique des principaux enseignements, tandis qu’une version longue présente l’intégralité de l’analyse scientifique, des données et de la méthodologie utilisée.
L’ACV, une vision globale de l’impact des data centers
Encadrée par les normes internationales ISO 14040 et 14044, l’Analyse du Cycle de Vie permet d’observer un data center dans toute sa complexité. Elle ne se limite pas à la phase d’exploitation, mais intègre également l’extraction et la transformation des matières premières, la construction du bâtiment, l’exploitation sur plusieurs décennies, ainsi que la fin de vie et le recyclage des équipements.
Cette approche globale permet à Data4 d’identifier les véritables leviers de réduction d’impact et d’orienter les décisions environnementales sur des indicateurs précis.
Cette étude que nous avons publiée avec APL Data Center s’appuie sur l’analyse d’un data center de 5 MW IT situé sur notre campus de Marcoussis (Essonne). Elle examine son impact sur une durée de vie de vingt ans et s’inscrit dans notre programme « Data4Good », qui a déjà mis en œuvre des actions concrètes basées sur cette approche : recours au béton bas carbone, contractualisation long terme d’énergies décarbonées (Power Purchase Agreement – PPA) et ou encore, conception de systèmes de refroidissement à faible consommation d’eau, affichant une efficacité 25 fois supérieure à la moyenne du secteur.
Exploitation et construction : des leviers d’impact majeurs
L’analyse révèle que l’exploitation demeure le premier facteur d’empreinte carbone, représentant 48 % de l’impact total. Les systèmes de refroidissement, la distribution électrique et les dispositifs de secours énergétique nécessitent une consommation électrique importante, même lorsqu’elle est garantie 100 % bas carbone.
La construction pèse presque autant sur l’empreinte environnementale. La production des matériaux, notamment le béton et l’acier, représente 39 % de l’empreinte carbone, soit une part presque aussi importante que celle de l’exploitation. Ces chiffres soulignent que l’impact d’un data center commence bien avant sa mise en service.
Pour Linda Lescuyer, Head of ESG & Sustainable Innovation chez Data4, « on ne peut améliorer que ce que l’on comprend et que l’on mesure de manière exhaustive. En tant que leader européen, il est de notre responsabilité de passer d’une vision partielle à une compréhension complète et scientifique de notre impact ». Elle insiste sur la nécessité d’une action collective : « Un numérique durable ne se décrète pas, il se construit, brique par brique, sur la base de la science ».
Thomas Martin, Deputy CTO et Head of Sustainability & Innovation chez APL Data Center, rappelle quant à lui que « l’industrie du data center fait face à un impératif croissant : maîtriser son empreinte environnementale. L’ACV et le bilan carbone détaillé permettent de dépasser une approche déclarative et d’inscrire la performance environnementale au cœur de la conception. Des partenariats comme celui avec Data4 sont cruciaux pour mutualiser nos connaissances et développer des infrastructures plus durables ».
L’eau : un impact direct extrêmement limité
Contrairement aux idées reçues, la consommation directe d’eau sur site est inférieure à 0,1 % de l’empreinte hydrique totale. L’essentiel de l’impact eau provient indirectement de la production d’électricité et de la fabrication des matériaux. Grâce à des systèmes de refroidissement dits secs, sans tours aéroréfrigérées ou adiabatiques, Data4 a atteint un Water Usage Effectiveness (WUE) de 0,034 litre par kWh IT en 2025, presque nul, là où la moyenne dans l’industrie se situe autour de 1 litre par kWh IT.
Les ressources minérales, un enjeu stratégique
Les infrastructures électriques (câbles, batteries, onduleurs et groupes électrogènes) concentrent une part majeure de l’impact sur les ressources minérales et métalliques. À elles seules, les installations d’alimentation représentent plus de 60 % de la pression sur ces ressources. L’ACV met en évidence la nécessité d’optimiser la conception en limitant par exemple le nombre d’équipements nécessaires à la redondance (privilégier des design N+1) et de repenser l’approvisionnement des matières premières pour privilégier des matériaux issus du recyclage.
L’ACV au cœur de l’éco-conception chez Data4
Depuis 2020, Data4 utilise l’ACV comme outil d’éco-conception. Sur la construction, le recours au béton bas carbone et aux dalles préfabriquées réduit significativement les volumes de béton nécessaires et les transports. L’objectif est de diminuer de 38 % l’empreinte carbone par mégawatt IT construit d’ici 2030, un objectif déjà engagé avec une réduction de 13 % atteinte à ce jour, soit déjà plus d’un tiers.
Sur l’exploitation, le groupe a réduit son indicateur PUE de 10,7 % entre 2021 et 2025, utilise une électricité 100 % décarbonée via des contrats long terme (PPA) majoritairement avec des énergies renouvelables, remplace les fluides frigorigènes à fort PRG (Potentiel de réchauffement global) et alimente ses générateurs avec du carburant HVO (Hydrotreated Vegetable Oil), réduisant leurs émissions de 70 %. Les projets de valorisation de chaleur incluent notamment le 1er prototype de data center biocirculaire développé par Data4 en collaboration avec plusieurs partenaires, qui permet d’utiliser la chaleur des serveurs pour la culture d’algues.
Vers un standard de transparence et un numérique durable
Avec ce premier livre blanc sur l’ACV d’un centre de données, Data4 établit un nouveau standard de transparence pour l’industrie et invite l’écosystème des data centers à adopter une mesure d’impact rigoureuse et scientifique. L’objectif est de partager des données fiables et comparables pour identifier collectivement les leviers les plus efficaces de réduction d’impact carbone et construire un numérique durable, data center après data center.
Livre blanc ACV (version courte)
Livre blanc ACV (version longue)

