Les tendances 2019 dans l’industrie des data center

L’arrivée de la 5G, une approche encore plus pointue de l’Intelligence Artificielle la démocratisation de l’Internet des Objets (IoT), voici les grandes tendances de l’année 2019. A la clé, une croissance exponentielle du volume de données, Et ce n’est que le début, car ces évolutions vont demander au cours des années à venir toujours plus de disponibilité dans les infrastructures informatiques adaptées pour le traitement et/ou le stockage des données. Des serveurs encore plus nombreux, des data centers de plus en plus imposants, piliers du développement de ces technologies innovantes, des systèmes plus pointus pour la gestion de l’efficience énergétique, voilà les projections que les spécialistes prévoient pour 2019 dans l’univers des data centers.

Expansion de l’edge computing

Le déploiement du réseau mobile 5G, la vulgarisation de l’internet des objets et les évolutions en matière d’intelligence artificielle vont faire exploser la production de données. La gestion de ces données va requérir l’utilisation d’infrastructures supplémentaires, qui doivent s’adapter aux attentes toujours plus élevées des utilisateurs. La culture de l’immédiateté progresse et les utilisateurs des produits et des services numériques vivent avec cette convoitise de « disposer de tout, et tout de suite ».

Dans l’univers de la technologie et du numérique, l’edge computing est l’une des réponses à même de satisfaire cette attente grandissante du public. Combler ce besoin permanent de bénéficier de services le plus rapidement possible – voire en temps réel – est l’un des objectifs du traitement des données à la périphérie ou edge computing. Pour optimiser la performance de leurs services et satisfaire leurs clients, de nombreuses entreprises devraient faire appel à cette solution dans les années à venir. L’étude Data Age, publiée à la fin de l’année 2018 par le fournisseur de stockage Seagate et le cabinet IDC, est d’ailleurs révélatrice à ce sujet. Selon cette projection, le volume total des données avoisinerait environ 175 zettaoctets en 2025, dont environ 30 % devrait être concerné par un traitement en temps réel.

L’edge computing devrait ainsi prendre un essor dès 2019. Plutôt que d’acheminer les données vers les grands data centers intelligents situés au cœur du réseau, de plus petites infrastructures devraient les traiter en périphérie, au plus près de leurs sources. Le traitement de données, tout comme leur contrôle et leur stockage, devraient ainsi être effectué à proximité des utilisateurs par un data center local ou par le périphérique qui les génère. Cette décentralisation de la gestion des données permet une diminution appréciable du temps de latence, de quoi satisfaire les exigences de réactivité des utilisateurs. Des centres de données devraient ainsi être installés au plus près des régions et des petites agglomérations, tandis que des micro data centers périphériques devraient davantage trouver une place au cœur des zones urbanisées et des centres d’affaires.

Le marché du cloud maintiendra une croissance constante

Au cours du dernier trimestre 2018, le cabinet d’études américain Synergy Research Group a annoncé ses observations sur la forte croissance du marché du cloud. L’étude de ces spécialistes du marché des technologies indique que les ventes ont bondi en 2018, avec un taux de croissance globale estimé à 48 %. Les nombreux avantages du cloud computing justifient cette montée en puissance. Les utilisateurs et les entreprises ayant en commun de fortes ambitions d’innover et d’accroître leurs performances, le recours aux solutions mises en place par le cloud computing devient de plus en plus fréquent. Les modèles IaaS et PaaS ont ainsi bénéficié d’une croissance très importante, avec des revenus en hausse de plus de 50 % par rapport à l’année précédente. Synergy Research Group prévoit que cette forte accélération de l’achat de services cloud va doubler d’ici les 4 prochaines années, et cette croissance devrait se poursuivre en 2019.

De plus en plus de data centers hyperscale

Les infrastructures devront suivre la cadence afin d’appuyer cette demande croissante de services de cloud computing. Synergy Group Research affirme ainsi avoir identifié la mise en projet de près de 132 centres de données à grande échelle, dont certains en cours de planification et d’autres déjà en phase de construction. Plus d’une quinzaine de ces data centers hyperscale devraient être opérationnelle dès 2019. Ils viendront ainsi s’ajouter aux 430 centres de données de très grande capacité déjà fonctionnels installés dans les régions de l’Europe, d’Asie-Pacifique, du Moyen-Orient et d’Afrique.

Les solutions serverless computing s’envolent

Les avantages du serverless computing séduiront davantage les utilisateurs et les entreprises en 2019. Ces services de cloud donnent en effet aux utilisateurs la possibilité de ne payer que les prestations consommées. Cette intéressante optimisation des coûts est désormais réalisable grâce au déploiement d’une infrastructure sans serveur mise en place par les fournisseurs. Généralement, l’exploitation des ressources d’un serveur génère des coûts d’’achat, d’installation et d’entretien de l’équipement. Avec les services de serverless computing, ce sont les fournisseurs qui gèrent l’infrastructure et qui distribuent les ressources en fonction des besoins des utilisateurs.

Des systèmes de refroidissement évolués pour améliorer l’efficience énergétique

En 2019, le thème du refroidissement des data centers sera toujours d’actualité, car les solutions pour réduire leur consommation énergétique sont encore perfectibles. De nouvelles voies devraient ainsi être explorées, tandis que d’autres, déjà empruntées, bénéficieront de plus amples recherches en vue d’une diffusion rapide sur le terrain. C’est le cas du refroidissement liquide, dont l’adoption dans les data centers va davantage augmenter. Certains spécialistes des infrastructures informatiques révèlent d’ailleurs que plusieurs types d’architecture de serveurs sont déjà préfabriqués avec des systèmes de refroidissement liquide. À l’avenir, ce dispositif devrait prendre plus d’essor au détriment du refroidissement par air jugé plus gourmand en énergie.